Banque Centrale du Congo : janvier 2026 confirme un déficit structurel des finances publiques

Le déficit de janvier 2026 en République démocratique du Congo n’est pas imputable à la Banque centrale du Congo (BCC) ni à son Gouverneur André WAMESO. La BCC se limite à la régulation monétaire, la supervision bancaire et la stabilité financière, et n’est pas responsable du paiement direct des salaires. Les chiffres de janvier montrent un déficit structurel : les recettes (1.632 milliards CDF) couvrent mal les dépenses (2.670 milliards CDF), aggravées par des arriérés de 2025 et des charges incompressibles comme les paies. La faiblesse des recettes par rapport aux dépenses essentielles crée une vulnérabilité chronique. Le problème relève donc d’un déficit de trésorerie publique et non d’une politique monétaire. La solution passe par des réformes fiscales, la diversification des revenus, une meilleure gestion de la dette et la rationalisation du train de vie institutionnel. Le déficit traduit un déséquilibre structurel et nécessite des réformes économiques et budgétaires pour assurer la soutenabilité financière.

Banque Centrale du Congo : janvier 2026 confirme un déficit structurel des finances publiques
André WAMESO Nkualoloki, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo et les affiches de la nouvelle publicité de Franc congolais conçu par la BCC

Par Léon Idole HOPAY

Les retards de paiement des salaires des fonctionnaires ne relèvent pas de la Banque centrale du Congo (BCC) ni de la politique de son Gouverneur, André WAMESO, comme le laissent entendre certaines rumeurs. La BCC a des missions précises : régulation monétaire, contrôle de l’inflation, supervision bancaire, gestion des réserves de change, conseil économique au gouvernement et promotion de la stabilité financière. Elle n’a jamais été chargée du versement direct des salaires.

Pour janvier 2026, les chiffres publiés par la BCC montrent une pression budgétaire manifeste : les recettes s’élèvent à 1.632 milliards CDF (86 % des prévisions), contre 2.670 milliards de dépenses, générant un déficit de trésorerie de 1.038 milliards CDF. Une partie des salaires n’a pas été intégralement versée, accentuant l’impact du déséquilibre.

 Une structure budgétaire rigide

L’état liquidatif et les paies complémentaires représentent près de 80 % des recettes mensuelles (1.300 milliards CDF), rendant le budget très vulnérable aux variations de recettes. Les arriérés de 2025 et des dépenses exceptionnelles, notamment sécuritaires, aggravent la situation. Mais au-delà de ces facteurs ponctuels, les recettes restent structurellement insuffisantes pour couvrir les charges incompressibles.

Distinction entre politique monétaire et budgétaire

 La BCC stabilise la monnaie et supervise le système financier. La mobilisation des recettes dépend du ministère des Finances. Ainsi, le déficit de janvier relève avant tout d’un problème de trésorerie publique. La solution passe par des réformes fiscales : élargissement de l’assiette, diversification des revenus, meilleure performance des régies financières et réduction de la dépendance aux recettes minières.

Gestion de la dette et risques associés

 Le gouvernement a recours aux obligations du Trésor pour gérer sa trésorerie. Mais l’émission de titres en dollars expose l’État au risque de change, et le recours à des maturités courtes peut créer une dynamique circulaire de refinancement sans réduction du stock global de la dette. La ligne entre stabilisation temporaire et spirale d’endettement est mince.

Train de vie institutionnel et discipline budgétaire 

Les institutions centrales concentrent une part importante des crédits, et des dépassements précoces sont observés. Dans un contexte de tensions salariales et de retards en province, ce train de vie institutionnel alimente la perception d’un déficit mal géré et fragilise la discipline budgétaire.

 Vers une solution structurelle

Le déficit de janvier n’est pas un accident ponctuel. Il traduit un déséquilibre structurel : dépenses incompressibles absorbant l’essentiel des recettes et endettement récurrent. La soutenabilité des finances publiques exige diversification économique, industrialisation, élargissement de l’assiette fiscale, rationalisation des dépenses institutionnelles et renforcement de la gouvernance budgétaire.

Le diagnostic est posé ; le défi est désormais politique : transformer ces constats en réformes concrètes..