Justice : 30 mois de prison pour avoir survécu , le calvaire d’Igor MVONDO YESSE
Par Léon Idole HOPAY
Depuis près de trois ans, Igor MVONDO YESSE, ingénieur en BTP, croupit en prison. Son crime ? Être sorti vivant d’un accident de la route qui a coûté la vie à trois de ses compagnons de voyage. Une affaire kafkaïenne, qui illustre les dérives d’un système judiciaire à la dérive.
Un accident, trois morts… et un survivant devenu suspect
En 2022, Igor MVONDO YESSE prend la route vers Kasangulu pour assister aux obsèques de son oncle, accompagné de trois amis. Leur taxi fait une violente sortie de route. Les trois passagers périssent sur le coup. Igor, grièvement blessé, s’en sort avec une fracture.
Mais à peine entamée sa convalescence, le cauchemar judiciaire commence. La famille de l’un des défunts porte plainte contre lui. Le motif ? Il aurait dû mourir lui aussi. Une accusation insensée, presque mythologique, qui s’appuie davantage sur des croyances que sur le droit.
Un survivant enfermé, sans jugement
Depuis, Igor MVONDO YESSE est détenu sans condamnation formelle, victime d’un système judiciaire opaque et d’une plainte dénuée de fondement juridique. Pour sa famille, il est clair qu’il paie non pas un acte criminel, mais sa propre survie. « Il n’a rien fait, Dieu l’a simplement épargné », plaide l’un de ses proches.
Mais l’appareil judiciaire reste sourd, englué dans des procédures floues et des considérations sociales qui défient la raison.
Un cas qui scandalise et interroge
Peut-on être emprisonné pour avoir survécu ? En République démocratique du Congo, cette question tragique prend aujourd’hui un visage : celui d’Igor MVONDO YESSE.
Son cas soulève une onde d’indignation parmi les défenseurs des droits humains, qui dénoncent un acharnement injustifiable. Ce drame judiciaire appelle une réponse urgente. Car au-delà du sort d’un homme, c’est la crédibilité même de la justice congolaise qui se joue.