RDC / 9ᵉ Jeux de la Francophonie : l’argent des entrepreneurs disparu dans les couloirs de l’État
Par Léon Idole HOPAY
Plus de trois ans après la clôture en fanfare des 9ᵉ Jeux de la Francophonie à Kinshasa, le rêve d’une vitrine panafricaine s’est mué en cauchemar pour des dizaines d’entrepreneurs congolais. Ceux qui ont bâti les infrastructures ayant accueilli l’événement n’ont toujours pas été payés. Leurs factures, pourtant validées, semblent s’être évaporées entre le ministère des Finances et celui du Budget.
Les témoignages convergent : après la livraison des ouvrages, les entreprises attendaient simplement le paiement promis par l’État. Mais depuis, c’est le silence. Chaque tentative d’obtenir des réponses s’est transformée en un labyrinthe administratif : le ministère des Infrastructures renvoie au Budget, le budget pointe vers les finances, et les finances... renvoie à son tour au budget.
Un ping-pong institutionnel qui a fini par broyer l’espoir , et parfois la vie , de nombreux prestataires.
Nous ne savons plus à quel saint nous vouer », confie l’un d’eux, épuisé par des mois de démarches infructueuses et de promesses sans lendemain.
Derrière les chiffres et les signatures, des drames humains. Certains entrepreneurs ont dû vendre leurs maisons, hypothéquer leurs biens ou céder leurs entreprises pour rembourser les dettes contractées afin de livrer les chantiers à temps. Aujourd’hui, plusieurs sont ruinés, harcelés par les banques, ou menacés de faillite , certains sont même morts.
Pourtant, les infrastructures sont bel et bien là : livrées, inaugurées, et utilisées. Mais leurs bâtisseurs, eux, attendent toujours d’être payés. Face à ce blocage opaque qui commence à sentir le scandale d’État, les entrepreneurs réclament l’arbitrage direct du président de la République.
Ils appellent à un geste fort pour restaurer la confiance entre le secteur privé et les institutions publiques, gravement entamée par ce qu’ils considèrent comme une dérive bureaucratique aux allures de détournement.