RDC : face à la crise sécuritaire, l’ODEP appelle à une rupture politique et évoque la démission de Félix Tshisekedi
L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) tire la sonnette d’alarme après la chute d’Uvira, contrôlée par le M23-AFC appuyé par le Rwanda, et dénonce un affaiblissement inquiétant de l’armée congolaise. Malgré des recommandations adressées au Président Félix Tshisekedi, dialogue national, réforme des forces armées, mise en congé des ministres régaliens ,aucune mesure n’a été appliquée. L’ODEP envisage trois scénarios pour l’avenir : 1. Démission du Président pour éviter une « humiliation nationale » et mise en place d’une transition dirigée par le Président du Sénat. 2. Résistance militaire difficile, en raison d’un commandement désorganisé et d’une armée politisée. 3. Statu quo diplomatique, risquant de reproduire un schéma à la AFDL et d’accroître l’influence du Rwanda. L’organisation exhorte à des décisions urgentes et courageuses pour éviter l’effondrement institutionnel et sécuritaire, en privilégiant une transition inclusive et un sursaut national.
Par Léon Idole HOPAY
L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) alerte sur une dégradation « sans précédent » de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo, après la chute d’Uvira ,troisième grande ville de l’Est ,passée sous contrôle du M23-AFC appuyé par le Rwanda.
Dans un communiqué publié jeudi 11 décembre 2025, l’organisation estime que cette avancée des rebelles révèle « un affaiblissement préoccupant » de l’appareil de défense nationale, plus de dix mois après la prise de Goma.
Selon l’ODEP, plusieurs recommandations stratégiques avaient déjà été transmises au Président Félix Tshisekedi, notamment l’organisation d’un dialogue national inclusif, une réforme en profondeur des Forces armées, ainsi que la mise en congé des ministres régaliens. Aucune de ces mesures n’a, à ce jour, été mise en œuvre, regrette l’organisation. Face à ce « tournant critique » du conflit, l’ODEP présente trois scénarios susceptibles de définir l’évolution politique et sécuritaire du pays.
1. La démission du chef de l’État pour éviter une “humiliation nationale”
Dans son analyse, l’ODEP n’exclut pas une menace directe sur Kinshasa en cas de progression du M23-AFC vers le Grand Katanga. Elle estime que les prérogatives constitutionnelles du chef de l’État en matière de défense et de sécurité « n’ont pas été pleinement assumées ». L’organisation évoque ainsi un scénario de démission du Président Félix Tshisekedi, ouvrant la voie à une transition dirigée par le Président du Sénat, accompagnée d’une dissolution du Parlement et de la formation d’un Gouvernement de crise restreint.
2. Une résistance armée jugée difficile à relancer
L’ODEP considère que l’option militaire aurait dû être restructurée dès la chute de Goma. Elle pointe un système de défense fragilisé par l’absence de sanctions, un commandement désorganisé et une politisation excessive des promotions au sein de l’armée. Dans ces conditions, réactiver une résistance nationale efficace apparaît « extrêmement difficile », prévient l’organisation.
3. Le statu quo diplomatique, au risque d’un scénario à la AFDL
Le maintien de la stratégie diplomatique actuelle exposerait le pays à la répétition du schéma de l’AFDL, estime l’ODEP : l’installation d’un pouvoir central affaibli et influencé par des intérêts extérieurs. Selon l’organisation, les récents accords signés à Washington ne garantissent pas une sortie durable du conflit et pourraient, au contraire, renforcer l’influence du Rwanda dans la gestion de la crise.
Dans sa conclusion, l’ODEP appelle à des décisions « courageuses et urgentes » pour éviter un effondrement institutionnel et sécuritaire. Elle insiste sur la nécessité d’une transition inclusive et d’un sursaut national face à l’évolution rapide de la situation à l’Est du pays.