RDC : le FDA met en doute l’agression de Martin Fayulu, fixe ses conditions au dialogue et élargit la dénonciation du conflit à l’Est

Dans une interview accordée le 21 février 2026 à actu26.com, le Front Démocratique Africain (FDA) s’est exprimé sur plusieurs dossiers d’actualité nationale. Concernant l’agression de Martin Fayulu, le mouvement met en doute la version des faits et suggère un contexte politique lié aux récentes rencontres entre Félix Tshisekedi et Fayulu à Washington, estimant que l’incident pourrait s’inscrire dans une dynamique de repositionnement en vue du dialogue politique annoncé sous l’impulsion du président angolais João Lourenço. S’agissant du dialogue, le FDA conditionne sa participation au respect de préalables qu’il juge indispensables et affirme refuser tout processus susceptible de consolider le pouvoir en place. Sur la guerre à l’Est, le mouvement élargit la dénonciation des responsabilités au-delà du Rwanda, évoquant notamment le rôle des États-Unis et un accord signé le 4 décembre 2025 à Washington, qu’il considère défavorable aux intérêts congolais. Enfin, à propos des inondations à Kinshasa, le FDA critique la gestion des autorités et appelle à une mobilisation citoyenne en faveur d’un régime qu’il souhaite plus souverain et démocratique.

RDC : le FDA met en doute l’agression de Martin Fayulu, fixe ses conditions au dialogue et élargit la dénonciation du conflit à l’Est
De gauche à droite Martin Fayulu, président du parti politique ECiDE et Albert Mukulubundu, président du FDA

Par Léon Idole HOPAY

Dans une interview accordée le 21 février 2026 à actu26.com, le Front Démocratique Africain (FDA) a réagi à plusieurs sujets d’actualité nationale, notamment l’agression de Martin Fayulu, le dialogue politique annoncé, la guerre dans l’Est de la RDC et les inondations à Kinshasa.

 Agression de Martin Fayulu : une version contestée

 Le FDA remet en cause les circonstances entourant l’agression dont aurait été victime Martin Fayulu. Le mouvement relève que l’incident intervient après une deuxième rencontre à Washington entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu, présentée comme tenue en marge du National Prayer Breakfast. Pour Albert Mukulubundu, cadre du FDA, il ne s’agirait pas d’un fait isolé, mais d’un épisode susceptible de repositionner certains acteurs en perspective du dialogue politique annoncé, sous l’impulsion du président angolais João Lourenço.

Le FDA estime par ailleurs que cette séquence viserait à fragiliser d’autres composantes de l’opposition, notamment celle associée à l’ancien président Joseph Kabila. Le mouvement appelle l’opinion publique à « ne pas se tromper » et à distinguer, selon ses termes, les opposants détenus dans les prisons de Ndolo et Makala, les exilés politiques et ce qu’il qualifie d’« agressions mises en scène ». Il souligne également que certains cadres de l’UDPS ont récemment pris position en défense de Martin Fayulu dans les débats politiques.

Dialogue politique : une participation sous conditions

 S’agissant du dialogue politique, le FDA maintient la ligne défendue par la plateforme « Sauvons la RDC », à laquelle il appartient. Albert Mukulubundu affirme que le mouvement ne participera pas à un processus qu’il jugerait susceptible de consolider le pouvoir en place, réaffirmant son attachement à des conditions préalables jugées indispensables à un dialogue crédible.

Guerre à l’Est : dénonciation élargie des responsabilités

Concernant le conflit dans l’Est du pays, le FDA refuse de limiter la responsabilité au seul Rwanda. Le mouvement évoque le rôle des alliances internationales et cite notamment les États-Unis parmi les acteurs à considérer dans l’analyse géopolitique de la crise.

À l’appui de son argumentaire, le FDA mentionne un accord signé le 4 décembre 2025 à Washington entre les États-Unis, le Rwanda et la RDC. Selon lui, cet accord serait défavorable aux intérêts stratégiques congolais et ne prendrait pas suffisamment en compte les conséquences humaines et économiques du conflit. Pour Albert Mukulubundu, condamner uniquement le Rwanda reviendrait à occulter d’autres responsabilités, notamment celles de puissances internationales impliquées dans la région.

Inondations à Kinshasa : appel à la mobilisation

 Enfin, à propos des inondations consécutives aux pluies à Kinshasa, le FDA met en cause la gestion des autorités et dénonce l’absence d’entretien des infrastructures de drainage ainsi que des difficultés persistantes en matière de circulation routière.

 Le mouvement appelle les Congolais à se mobiliser pour, selon ses termes, « bâtir un régime réellement souverain et démocratique