RDC: l’intellectuel congolais doit-il garder le silence face à la crise de notre société? (Réflexion du professeur Dely KAMOKA commentée par Arthur YENGA)

RDC: l’intellectuel congolais doit-il garder le silence face à la crise de notre société? (Réflexion du professeur Dely KAMOKA commentée par Arthur YENGA)
Professeur Dely KAMOKA .

Oui, c’est correct, cette attitude qui impose de garder le silence.                                                                       Le silence est plus parlant que des discours souvent incompris par les politiciens congolais… 

En parcourant l’histoire politique du Congo, tous les cardinaux passés et toutes les conférences des évêques congolais (CENCO en exercice) n’ont jamais été pleinement compris en leur temps.             
                
La suffisance du politicien congolais souvent « inapte » intellectuellement, spirituellement et psychologiquement  pose vraiment problème dans la conduite et la gestion de la République.         
                                             
Le peuple congolais est plus que jamais « inculte » et participe (surtout aujourd’hui) à la perpétuation du désordre sociopolitique et politique de la République.                    
                                                                         
À Kinshasa, capitale et miroir des institutions et du PAYS, voyez comment le BABÉLISME est devenu le mode d’existence des 100 millions de Congolais.  

INSALUBRITÉ sonore, religieuse, environnementale et comportementale des 100 millions de CONGOLAIS, tous dans la rue, du matin au soir et du soir au matin.                   
                                                 
Le DÉSORDRE touche tous les secteurs de la VIE . Tous les SECTEURS. Et pire, un INCIVISME national est enseigné de l’école primaire à l’université.    
                                                                                   Comment les professeurs d’université peuvent-ils être aussi « SUBJECTIFS », idéologisés au point de renier leur « scientificité » ?        

Il y a trente, quarante ans, on pouvait compter 2 professeurs sur 10 qualifiables de « déviants scientifiques ». On citait trois, voire quatre, grands noms de professeurs dans les institutions universitaires à l’université de Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani,  Mbandaka, à l’UPN, etc. 

Aujourd’hui et depuis surtout 20 ans, 8 professeurs d’université affichent même une couleur politique sans honte. La probité scientifique et intellectuelle est à peine décelable dans le comportement des PROFESSEURS d’Université.                           C’est très malheureux parce que quand le sel vient à manquer de « saveur », toute la nourriture est vouée à la fadeur.         
                                            
Les évêques sont ceux qui sauvent encore et un peu les meubles. Mais les niveaux d’incivisme, de bassesse de l’Intellectuel congolais et surtout du politicien congolais sont très très inquiétants…        
                                     
Dans les écoles et universités congolaises, les étudiants trouvent normaux les comportements d’incompétence et la cancrétude du politicien congolais. On fait croire et admettre au Congolais que ce qui se passe à Kinshasa et dans le PAYS, est une « volonté d’en haut ». Aucune incohérence n’est présentée dans la gestion de la RES PUBLIQUE…    

Les OBJECTEURS de conscience n’existent plus.          
                          
On est dans le mur... Dans le mur. Totalement.           
                              
Et durablement on y reste. Sur les campus universitaires congolais et kinois, regardez les étudiants défendre leurs travaux, voyez ces étudiants assister aux cours,  à peine avec un cahier de 48 pages de copie des notes de tous les cours.           

Comment « étudier » est désormais, pour l’élève et l’étudiant congolais, synonyme de passer de classe et d’obtenir un diplôme ?            
                                   
On se demande ce que sera cette république inconsciente et à peine « instruite » à 5 pour cent d’accumulation des connaissances. La République est totalement vouée à la disparition. DISPARITION…             
                      
O tempora, O Mores… Et pire que tout, « le CONGOLAIS se prévaut de sa propre turpitude ». «  Nemo auditur turpitudinem ».              
               
À Kinshasa, on refuse même d’apprendre que les autres pays ne dysfonctionnent pas comme le CONGO. 

Un endoctrinement à la moelle épinière a pris la plupart des CONGOLAIS, exposés aux « mésinformations politiques » bien entretenues dans le milieu social et politique.          
                                 
Une CONSCIENCE brusque sera la seule porte de sauvetage des CONGOLAIS.        
                                        
J’AI TRÈS PEUR… AMEN.

Dely KAMOKA

Professeur

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Exercice d’analyse et de critique du texte du professeur Kamoka

par Arthur YENGA

Le rôle de l’intellectuel congolais face à la crise sociopolitique en République démocratique du Congo

La question du silence de l’intellectuel congolais dans le contexte de la crise multiforme que traverse la République démocratique du Congo mérite une réflexion approfondie. 

Selon le professeur Dely Kamoka, le mutisme de l’intellectuel ne relève pas d’une simple passivité, mais d’une posture critique : le silence, affirme-t-il, peut parfois être plus éloquent que des discours systématiquement déformés ou incompris par une classe politique congolaise marquée par l’incompétence et l’arrogance.

1. L’incompréhension historique des voix morales

L’histoire politique du Congo montre que les interventions des autorités religieuses – cardinaux, évêques et conférences épiscopales – ont rarement été reçues avec la lucidité qu’elles exigeaient. Le déficit intellectuel, spirituel et psychologique des élites politiques a conduit à une incapacité chronique à intégrer les avertissements et les recommandations formulés par ces instances morales.

2. La faillite des élites et l’incivisme généralisé

Le diagnostic du professeur Kamoka est sévère : la société congolaise est minée par un incivisme endémique, enseigné dès l’école primaire et consolidé à l’université. La capitale, Kinshasa, miroir des institutions nationales, illustre ce désordre généralisé par une cacophonie sociale, religieuse et environnementale qui traduit une véritable « babélisation » de la vie publique. 

Le peuple, souvent maintenu dans l’ignorance, participe malgré lui à la perpétuation du chaos politique et institutionnel.

3. La dérive de l’université et la compromission des intellectuels

Autrefois bastion de la rigueur scientifique, l’université congolaise est aujourd’hui décrite comme un espace où la probité intellectuelle s’effrite. Jadis, seuls quelques professeurs pouvaient être qualifiés de « déviants scientifiques » ; désormais, la majorité affiche ouvertement des affiliations politiques, compromettant la neutralité académique et la scientificité de leurs travaux. 

Il suffit d’observer les échanges entre professeurs et autres intellectuels dans des plateformes académiques/intellectuelles pour se désoler du déficit d’argumentation, d’esprit critique et de considérations banales qui y circulent. 

Ces propos sont généralement exprimés sous forme d’injures, d’insultes et de refus d’écouter des opinions contraires à celles qui sont proches de la position ou des avis des tenants du pouvoir actuel.

Cette dérive est particulièrement préoccupante, car l’université devrait incarner le lieu de la pensée critique et de la formation des consciences.

4. La disparition des objecteurs de conscience

Le professeur Kamoka déplore l’absence d’objecteurs de conscience, ces figures capables de s’opposer à la dérive collective et de rappeler les principes fondamentaux de la République. 

Les étudiants eux-mêmes semblent résignés : l’acte d’« étudier » se réduit à l’obtention d’un diplôme, sans véritable accumulation de savoir. 

Cette superficialité menace l’avenir du pays, qui risque de se transformer en une « République inconsciente », vouée à l’effacement historique.

5. Vers une prise de conscience brusque

La conclusion du professeur Kamoka est empreinte de gravité : la République démocratique du Congo est engagée dans une trajectoire de disparition, alimentée par l’endoctrinement, la mésinformation et l’acceptation de la turpitude comme norme sociale. 

Seule une prise de conscience radicale et soudaine pourrait constituer une voie de salut pour le peuple congolais.

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Mon point de vue :

Le propos du professeur Kamoka met en lumière une tension fondamentale : l’intellectuel congolais est pris entre le devoir de parole et l’inutilité apparente de celle-ci dans un contexte où les élites politiques refusent d’entendre. 


Son plaidoyer pour le silence peut être lu comme une dénonciation de l’inefficacité des discours face à une société verrouillée par l’incivisme et la manipulation.

Toutefois, ce silence, s’il devient systématique, risque de renforcer l’isolement de l’intellectuel et de priver la société d’une voix critique indispensable.

Ainsi, la véritable question n’est peut-être pas de savoir si l’intellectuel doit se taire, mais de réfléchir aux modalités d’une parole nouvelle : une parole capable de contourner les filtres politiques, de s’adresser directement au peuple et de susciter cette « conscience brusque » que le professeur appelle de ses vœux.

Ce 27 décembre 2025

Arthur YENGA