*RDC/Justice :100 Jours de Détention , La CCDH Dénonce un "Enlèvement Politique" de Maître Médard Palankoy*

Cela fait 100 jours que Maître Médard Palankoy, avocat congolais, est détenu sans jugement ni droit de visite par le Conseil National de Cyberdéfense (CNC), ce que la Chaire Congolaise des Droits de l’Homme (CCDH) dénonce comme un "enlèvement politique". L'organisation fustige le silence des autorités, dénonçant une violation grave des droits fondamentaux. La CCDH estime que les accusations relayées contre l'avocat notamment ses supposés liens avec des figures de l'ancien régime sont infondées et visent à détourner l’attention. Elle affirme que l’affaire est liée à un conflit foncier à Binza Pigeon, où Palankoy aurait tenté de s'opposer à une spoliation orchestrée par des proches du pouvoir actuel. L’ONG demande sa libération immédiate, la restitution de ses biens et la fin des persécutions contre lui et son entourage, appelant à une mobilisation nationale et internationale pour défendre l’État de droit en RDC.

*RDC/Justice :100 Jours de Détention , La CCDH Dénonce un "Enlèvement Politique" de Maître Médard Palankoy*
Maître Médard PALANKOY

Par Léon Idole HOPAY 

Kinshasa, 24 juin 2025, Voilà cent jours que Maître Médard Palankoy, avocat et père de famille, est détenu sans jugement ni visite familiale par le Conseil National de Cyberdéfense (CNC). Une situation que dénonce vigoureusement la Chaire Congolaise des Droits de l’Homme (CCDH), qui parle d’un "enlèvement" orchestré par un organe non judiciaire, en violation flagrante de la Constitution.

Lors d’un point de presse organisé ce lundi à Kinshasa, la CCDH a dressé un tableau accablant de cette affaire qui suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile.

 "Ce jour marque le 100e depuis l’arrestation illégale de Maître Palankoy. Depuis, ni sa famille ni ses avocats n’ont été autorisés à le rencontrer", a rappelé la structure dans un communiqué transmis à notre rédaction.

 *Un silence inquiétant des autorités*

La CCDH s’indigne du silence des plus hautes autorités de l’État, qui contraste avec les principes fondamentaux d’un État de droit. "Ce mutisme officiel équivaut à une caution implicite donnée à une dérive sécuritaire inacceptable dans une République démocratique", déplore le communiqué.

Depuis le 14 avril, l'organisation et ses partenaires ont lancé une campagne citoyenne baptisée "Freedom for Médard Palankoy" afin de dénoncer cette détention arbitraire. Elle appelle à une mobilisation nationale et internationale pour faire échec à ce qu’elle qualifie de "criminalisation ciblée d’un avocat engagé contre les abus de pouvoir".

 Des accusations jugées fallacieuses

Le CNC n’a à ce jour fourni aucun acte d’accusation clair contre Maître Palankoy. Des rumeurs alimentées sur les réseaux sociaux le présentent comme lié à des figures de l’ancien régime, notamment l'homme d'affaires Dan Gertler, l'ex-président Joseph Kabila et son proche collaborateur Moïse Ekanga.

 Pour la CCDH, ces accusations sont non seulement non fondées, mais relèvent d’une opération de diversion destinée à justifier une arrestation abusive.

Une affaire de spoliation à Binza Pigeon ?

Selon la CCDH, la détention de Maître Palankoy serait en réalité liée à une affaire foncière. Il aurait tenté de s’opposer à la spoliation d’un terrain appartenant à Moïse Ekanga dans le quartier huppé de Binza Pigeon. "Malgré la saisine de l’Auditorat général, des proches du régime actuel se sont approprié et morcelé cette propriété.

C’est là l’origine réelle de son arrestation, de sa mise au secret et des traitements inhumains qu’il subit", affirme l’organisation.

Des revendications claires et fermes

La CCDH exige sans délai la libération inconditionnelle de Maître Palankoy. Elle réclame également la restitution de ses effets personnels, notamment son passeport et les documents saisis à son cabinet.

L’ONG appelle à la fin des persécutions visant aussi bien le juriste que son entourage professionnel et les organisations qui militent pour son droit à un procès équitable. « Il vaut mieux acquitter cent coupables que de condamner un seul innocent », conclut le communiqué signé par Maître Éloi Mubilansam, coordonnateur national de la CCDH.