Santé – COVID-19 : des paiements suspects, les prestataires légitimes oubliés, le Dr Muyembe pointé du doigt

Santé – COVID-19 : des paiements suspects, les prestataires légitimes oubliés, le Dr Muyembe pointé du doigt
Le Docteur Muyembe Jean Jacques et les prestataires COVID-19

Par Léon Idole HOPAY 

Plus de trois ans après les derniers paiements, marqués par des marches et des sit-in, le gouvernement congolais a enfin amorcé la liquidation des arriérés dus aux prestataires mobilisés durant la riposte contre la COVID-19.

 Une première tranche a été décaissée et le paiement des prestataires avait commencé le 13 février 2025. Mais ce soulagement attendu a rapidement viré à la frustration pour de nombreux prestataires, écartés sans explication d’un processus de paiement devenu opaque.

Des comptes bancaires mystérieusement modifiés

À la surprise générale, le mécanisme de paiement a été modifié sans préavis. Les prestataires, qui jusque-là percevaient leur rémunération via leur compte personnel chez Access Bank, ont vu leur numéro de compte remplacé. Résultat : de nombreux bénéficiaires légitimes n’ont pas été accrédités, ou ont découvert que leur compte n’était tout simplement plus reconnu dans le système.

Un rôle controversé du Dr Muyembe Jean- jacques

Selon plusieurs témoignages concordants, chaque fois que des prestataires manifestaient leur colère à la banque, cette dernière faisait appel au professeur Jean-Jacques Muyembe, coordinateur de la riposte contre la COVID-19, afin qu’il émette personnellement un chèque pour "calmer les esprits". Une pratique jugée arbitraire par les concernés, qui s’interrogent : sur quelle base leur paiement dépendrait-il d’un chèque signé par le professeur Muyembe ? Et plus troublant encore : les fonds publics auraient-ils transité par un compte personnel ?

 Paiements inéquitables, soupçons de détournement

Prévue pour couvrir une période d’un mois et demi, cette première phase de paiement s’est avérée inégalitaire. Tandis que certains ont perçu l’intégralité de la somme promise, d’autres n’ont reçu qu’un mois, voire un demi-mois de salaire. Et , une frange importante des prestataires affirme n’avoir rien reçu.

Plusieurs sources évoquent un possible détournement. Des individus n’ayant jamais pris part à la riposte, mais ayant des liens familiaux avec le Dr Muyembe, auraient indûment perçu des fonds.

Des zones d’ombre à éclaircir d’urgence

À l’approche d’une deuxième phase de paiement, les prestataires lésés exigent des explications claires et une transparence totale dans la gestion des fonds. Certains évoquent des conflits d’intérêts au sein même de la banque Access, où l’une des filles du professeur Muyembe occuperait un poste décisionnel.

 Plaidoyer pour une réparation en contrepartie de leurs prestations.

Face à ces affirmations troublantes, les prestataires ayant risqué la vie devant cette Covid 19 appellent les autorités compétentes à diligenter une enquête indépendante et sans discrimination . « Nous avons travaillé, nous méritons d’être payés. Cet argent est le fruit de notre labeur », insistent-ils.