Utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus de correction de l’Exetat: la synergie des syndicats des enseignants du Congo exige un audit technique pour crédibiliser les résultats
La synergie des syndicats des enseignants du Congo a tenu son assemblée générale le 08 août à son siège à Kinshasa. Plusieurs points étaient inscrits à l’ordre du jour dont lévaluation de l’année scolaire précédente , la vie socioprofessionnelle des enseignants ainsi que l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus de correction de l’Exetat.
Commentant le déroulement de l’année scolaire précédente , la synergie a noté de graves dysfonctionnements, notamment le manque d’un calendrier national.
« Le ministère de l’éducation nationale a fait fonctionner les écoles avec deux calendriers scolaires distincts en violation de toutes les normes éducatives en la matière », a indiqué son secrétaire général, Jean -Bosco Puna .
Par ailleurs, la synergie fustige le fait que le ministère n’a pas été en mesure d’entretenir un dialogue national inclusif avec les acteurs du secteur .
En ce qui concerne leur situation socio-professionnelle, les enseignants déplorent la mauvaise foi du gouvernement face à leurs revendications.
« Les promesses d’améliorer leurs conditions de vie n’ont pas été tenues ; les travaux de la politique salariale tant réclamés ont été organisés en toute opacité ; la retraite des enseignants se poursuit en toute irrégularité et laisse les enseignants qui ont servi la nation toute leur vie à leur triste sort », souligne la synergie.
S’agissant de la circulaire autorisant l’accès et le maintien des filles enceintes à l’école , les enseignants rappellent à l’autorité de tutelle et aux organisations favorables à cette mesure que l’éducation en RDC depuis le temps reste un processus préparatoire à la promotion et au respect des valeurs .
« Mettre à l’écart une fille enceinte n’est pas une exclusion . Mettre à l’écart un élève violent , aggressif , fumeur ou alcoolique, n’est pas une exclusion, mais une sanction contre l’immoralité, contre l’indiscipline, la délinquance et la dépravation de mœurs », explique la synergie.
D’après les enseignants , les formes d’exclusion les plus inacceptables contre lesquelles il faut lutter sont notamment le coût exorbitant de la scolarité que ne peuvent supporter les élèves des familles démunies , la rupture de scolarité pour faits de guerre et le déplacement massif des enfants victimes de guerre ; la stigmatisation des enfants vivant avec handicap.
« Tout engagement international qui met à mal nos valeurs doit être compris comme un complot contre notre jeunesse et contre notre société . Instituer le statut des élèves filles enceintes dans les écoles primaires et secondaires pour se conformer aux engagements internationaux ne peut s’appliquer dans le contexte congolais où le système éducatif est en crise », estime la synergie.
Évoquant les évaluations certificatives , la synergie des enseignants salue les efforts consentis par le gouvernement via le ministère de l’éducation nationale notamment dans la modernisation de l’Exetat à travers les innovations technologiques qui renforcent la célérité dans la publication.
« Cependant, les enseignants réunis en assemblée générale déplorent la capitalisation de l’épreuve par les cabinets politiques, le double financement de l’Exetat et l’usurpation des missions de l’inspection générale par des agences privées alors que l’exetat est une preuve de souveraineté », note la synergie.
De ce fait , la synergie invite le gouvernement à convoquer les états généraux de l’inspection générale pour une évaluation sans complaisance de ses missions afin qu’elle soit rétablie dans sa vocation officielle d’organiser totalement les évaluations certificatives , de rendre publiques les résolutions des travaux de la politique salariale avant la entrée scolaire prochaine pour fixer les enseignants sur le nouveau barème uniformisé et équitable , de retirer et d’annuler la circulaire portant accès et maintien des filles enceintes à l’école ; de régler avant la rentrée prochaine le litige des bulletins pour permettre à chaque élève de jouir de son droit s’inscrire sans difficulté dans une école de son choix ; de diligenter sans délai un audit technique par les experts indépendants sur les dispositifs technologiques et méthodologie utilisés dans la correction de l’Examen d’Etat format intelligence artificielle pour lever tout soupçon sur la crédibilité des résultats.
Notons que la publication des résultats de l’EXETAT trois jours après la clôture a suscité de vives critiques en RDC.
Certains citoyens estiment que Cette rapidité attribuée à l’usage de l’intelligence artificielle ne garantit pas la fiabilité des résultats de cette épreuve nationale.