Opérations abusives de la police contre les kulunas : Des civils innocents parmi les victimes

Mai 21, 2024 - 14:56
Octobre 20, 2025 - 22:56
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Opérations abusives de la police contre les kulunas : Des civils innocents parmi les victimes
Des bandits urbains arrêtés par la police présentés aux autorités au commissariat général à Kinshasa.

Depuis plusieurs semaines, la capitale congolaise vit au rythme d’une vaste opération policière censée démanteler les réseaux de kuluna  ces bandes de jeunes délinquants qui sèment la terreur dans certains quartiers de Kinshasa. Toutefois, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les abus, arrestations arbitraires et disparitions forcées qui entachent cette campagne de sécurité.

Parmi les cas les plus choquants figure celui de Madame Henriette Lembi Nsingi, commerçante bien connue du marché de somba zigida. D’après des témoins, elle aurait été appréhendée le 20 mai 2024 par des agents de la police lors d’une descente musclée. Présentée à tort comme une kuluna, elle n’a plus jamais été revue depuis son arrestation. Sa famille, désemparée, affirme n’avoir reçu aucune information officielle sur sa situation ni sur le lieu où elle se trouverait détenue.

Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une série d’arrestations similaires. D’autres femmes, dont Mado Ilunga, vendeuse de légumes à Ndjili, SENGA Honorine Motumbe et Clarisse Kanku, coiffeuse à Masina, auraient elles aussi été arrêtées sans motif valable au cours de ces opérations. Certaines auraient été relâchées après plusieurs jours de détention illégale, tandis que d’autres demeurent introuvables.

Des sources concordantes évoquent une complicité de certaines autorités locales et nationales qui fermeraient les yeux sur ces pratiques, voire les encourageraient, sous prétexte de “rétablir l’ordre public”.
Face à la montée de l’inquiétude, des ONG appellent le gouvernement à ouvrir une enquête indépendante sur les disparitions et à garantir la sécurité de toutes les personnes injustement arrêtées.

La population, quant à elle, réclame plus de transparence et redoute que cette “opération anti-kuluna” ne se transforme en instrument de répression contre les citoyens ordinaires.