Jeannot Matadi Nenga : un géant du droit s’éteint, une école demeure
Par Léon HOPAY
Le bâtonnier Jeannot Matadi Nenga s’est éteint. Avec sa disparition, c’est tout le monde judiciaire qui s’incline, frappé par la perte d’une figure tutélaire du barreau. Il a rendu l’âme ce matin en Belgique, franchissant, comme dans les récits anciens, ce seuil invisible que les Grecs associaient au passage vers le royaume d’Hadès, tandis que, dans les traditions africaines, il rejoint le cercle des ancêtres, là où les sages continuent de veiller sur les vivants.
Ironie du destin ou accomplissement d’un cycle, l’illustre avocat venait à peine de célébrer cinquante années d’une carrière marquée par la rigueur, l’éloquence et la transmission. Un demi-siècle durant lequel il n’a pas seulement plaidé des causes, mais façonné des consciences, érigeant une véritable école de pensée juridique.
À l’image des grands maîtres de l’Antiquité, dont l’héritage survit à travers leurs disciples, Jeannot Matadi Nenga laisse derrière lui une lignée d’avocats disséminés à travers le monde, porteurs de sa méthode, de son éthique et de sa vision du droit. Telle une parole initiatique transmise au coin du feu dans les sociétés africaines, son enseignement continuera de circuler, de génération en génération. Car les grands hommes ne meurent jamais tout à fait.
Ils s’inscrivent dans la mémoire collective, à la manière des héros chantés par les aèdes grecs ou des ancêtres honorés dans les traditions africaines. Le bâtonnier Jeannot Matadi Nenga s’en est allé sans disparaître : il entre désormais dans cette postérité vivante où le souvenir devient présence, et l’héritage, une boussole pour l’avenir..