Cyprien MUSIMAR, le Prométhée discret de la lumière congolaise
Cyprien Musimar, directeur de l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) depuis plusieurs mois, s’impose comme un acteur majeur du développement en RDC. Discret mais visionnaire, il a transformé une institution technocratique en moteur de progrès, apportant l’électricité à des zones longtemps plongées dans l’obscurité. En 2024, 49 projets ont été lancés, dont plusieurs déjà opérationnels à travers le pays. Malgré les turbulences politiques liées aux élections, Musimar a maintenu le cap, multipliant les partenariats public-privé et obtenant le soutien d’institutions comme la Banque mondiale. Ses ambitions sont vastes : faire passer l’accès à l’électricité de 20 % à 62 % d’ici 2030, et promouvoir la cuisson propre pour 30 % de la population, soit près de 70 millions de Congolais connectés. Ses résultats ,22 projets déjà achevés et 50 millions USD mobilisés ,traduisent une efficacité saluée. Refusant la mise en scène médiatique, Musimar privilégie l’action concrète. Son héritage s’incarne dans les villages éclairés et l’espoir retrouvé des communautés, symboles d’une RDC en marche vers la lumière.
Par Léon Idole HOPAY
Il fuit les caméras, esquive les projecteurs et se tient à distance des estrades médiatiques. Pourtant, derrière cette discrétion presque ascétique, Cyprien Musimar s’impose comme l’un des bâtisseurs les plus décisifs de la République démocratique du Congo.
Depuis une année et six mois qu’il dirige l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), ce comptable de formation a métamorphosé une institution jugée technocratique en un véritable catalyseur de développement national. Comme un nouveau Prométhée, il a osé défier la fatalité de l’obscurité pour offrir le feu moderne , l’électricité , aux campagnes congolaises.
Pendant des décennies, la lumière était rare dans les écoles, les hôpitaux et les villages reculés. Une pénombre qui semblait immuable, presque mythique. Aujourd’hui, cette nuit s’efface peu à peu. Par son leadership pragmatique, Musimar a donné chair à ce que beaucoup tenaient pour une chimère : faire de l’électricité un droit quotidien.
En 2024 seulement, 49 projets ont été lancés à travers le territoire. Plusieurs sont déjà en service ,de N’djili Brasseries (Kinshasa) à Kamonia (Kasaï), de Wembonyama (Sankuru) à Miabi (Kasaï Oriental). Autant de flambeaux allumés qui rappellent les torches d’Héphaïstos, dieu forgeron, façonnant dans son atelier les outils capables de transformer la destinée des hommes. Le chemin, toutefois, n’a rien eu d’une épopée paisible.
Les tensions liées aux élections générales de décembre 2023 ont ralenti les chantiers. Mais à l’image d’Ulysse affrontant vents et tempêtes, Musimar a tenu son cap, refusant que l’ANSER devienne l’otage des aléas politiques.
Dans le secteur stratégique de l’énergie, où se joue l’avenir économique du pays, il a inscrit une empreinte durable. Sa conviction est limpide : seule une alliance solide entre l’État, le secteur privé et les bailleurs internationaux peut briser la malédiction de l’obscurité.
Sous son impulsion, l’ANSER a multiplié les partenariats public-privé. Le projet hydroélectrique de Mbombo, sur la rivière Lulua au Kasaï Central, en est l’illustration. Avec le soutien de la Banque mondiale, l’agence prépare également un portefeuille de projets intégrant l’usage productif de l’énergie, dont l’extension de l’électricité dans les zones voisines d’Inga ce Titan énergétique qui nourrit tout le cœur de l’Afrique centrale.
Musimar pense en stratège, à l’échelle du continent. Dans ses discours comme dans ses actions, perce une conscience panafricaine. À l’instar d’un Atlas portant le monde sur ses épaules, il rappelle que le sort des 600 millions d’Africains encore privés d’électricité ne peut être amélioré qu’à travers une coalition entre États, secteur privé et partenaires au développement. Les ambitions de l’ANSER relèvent de l’épopée : faire passer l’accès à l’électricité de 20 % aujourd’hui à 62 % en 2030, et garantir des solutions de cuisson propre à 30 % de la population. Derrière ces chiffres, se cache une véritable métamorphose : connecter 70 millions de Congolais et offrir à 40 millions d’autres une alternative moderne aux flammes étouffantes des foyers traditionnels. Les résultats sont déjà tangibles : sur les 65 projets lancés en 2024, 22 sont achevés. Le gouvernement a mobilisé 50 millions USD, signe d’une confiance renouvelée dans l’agence et son capitaine.
À contre-courant d’une époque saturée de communication, Cyprien Musimar refuse les artifices. Comme Hermès, il préfère l’efficacité de l’action au vacarme des paroles. Son héritage ne se mesure pas seulement en mégawatts ou en statistiques : il se lit dans la lumière retrouvée des villages, dans l’espoir rallumé des foyers, dans cette promesse d’une RDC qui, enfin, sort de l’ombre.