RDC / Sécurité : Félix Tshisekedi en contradiction avec sa propre appréciation des FARDC
Le président Félix Tshisekedi a suscité la polémique en tenant, le 13 décembre 2025 à Kinshasa, des propos contradictoires sur l’état des FARDC à son arrivée au pouvoir. Alors qu’en 2019 il saluait une armée « bien structurée et organisée », il affirme désormais avoir hérité d’une armée « en déliquescence ». Ce revirement, sur fond de défaites face au M23, choque l’opinion et inquiète quant à son impact sur le moral des troupes. L’opposant Albert Mukulubundu accuse le chef de l’État de se dérober à ses responsabilités, pointant une mauvaise gouvernance, la corruption et le recours à des mercenaires. Il appelle enfin le président à assumer ses choix et à réorienter les ressources publiques vers le renforcement effectif des FARDC.
Par Léon HOPAY
Kinshasa, 13 décembre 2025 . Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est exprimé samedi devant des jeunes réunis au gymnase du stade Tata Raphaël à Kinshasa sur l’état des Forces armées de la RDC (FARDC) au moment de son accession au pouvoir. Une sortie médiatique qui a ravivé la controverse, tant elle semble en contradiction avec ses déclarations antérieures.
À son arrivée à la tête de l’État en 2019, le chef de l’État avait publiquement salué l’armée congolaise qu’il disait avoir héritée, la qualifiant alors de « bien structurée ,organisée et professionnelles», capable d’assurer la défense de l’intégrité territoriale. Mais face aux revers militaires enregistrés ces derniers mois sur le front Est, notamment contre les rebelles de AFC/M23, le discours présidentiel a radicalement changé.
Devant la jeunesse kinoise, Félix Tshisekedi a affirmé avoir trouvé, à son accession au pouvoir, « une armée de clochards », évoquant une institution en déliquescence, mal équipée et inefficace. Une déclaration qui tranche nettement avec ses propos passés et qui suscite incompréhension et indignation dans l’opinion publique.
Pour plusieurs observateurs, cette volte-face de celui qui assume les fonctions du commandant suprême de l' armée porte dangereusement atteinte au moral des troupes engagées sur les lignes de front. « De tels propos peuvent décourager les soldats qui se battent au péril de leur vie pour défendre le pays », estime Albert Mukulubundu, président du mouvement politique le FDA. Ce dernier accuse le chef de l’État de se dérober à ses responsabilités. « Le président devrait assumer son incompétence au lieu de chercher en permanence des boucs émissaires », déclare-t-il.
Selon lui, la dégradation actuelle de l’armée résulterait d’une gouvernance marquée par la mauvaise gestion, le népotisme, la tribalisation de l’institution militaire et la confiscation de la logistique et des marchés d’armement par des civils, sur fond de corruption.
L' opposant, Albert Mukulubundu rappelle également que, sous l’administration précédente, les FARDC figuraient parmi les huit premières puissances militaires du continent africain, selon certains classements spécialisés. « Le président n’a pas le droit de vilipender une armée qu’il a lui-même contribué à affaiblir, pendant qu’il recourt à des mercenaires payés parfois cent fois plus que les soldats congolais », déplore-t-il.
Par ailleurs, l’opposant appelle le chef de l’État à assumer pleinement ses choix politiques, notamment en ce qui concerne le processus électoral et la gestion des ressources publiques. « L’argent englouti dans des voyages de prestige devrait être réorienté vers l’équipement et la prise en charge des FARDC », martèle-t-il.
En conclusion, Albert Mukulubundu exhorte Félix Tshisekedi et son entourage à cesser d’accuser mutuellement les autres et à reconnaître leur part de responsabilité dans la situation sécuritaire et institutionnelle que vit actuellement la République démocratique du Congo.