Éditorial de Léon HOPAY : Quand le vieux loup se réveille
Après soixante-dix ans de turbulences politiques, l’Afrique replonge dans ses vieux travers : pouvoir confisqué, constitutions manipulées et coups d’État récurrents. De la guerre froide à la vague démocratique des années 1990-2020, le continent avait entrevu l’espoir d’une gouvernance stable et ouverte. Mais les anciens démocrates, devenus autocrates, rallongent leurs mandats et verrouillent les institutions. En niant l’alternance, ils ravivent la colère populaire et le spectre des putschs. L’Afrique se retrouve ainsi à un tournant : persister dans le déni ou refonder une véritable conscience démocratique fondée sur des institutions fortes et la liberté des citoyens.
Après sept décennies de convulsions politiques, l’Afrique rejoue une vieille partition : celle du pouvoir confisqué, des constitutions taillées sur mesure et des coups d’État comme soupapes de régulation. Le vieux loup, symbole d’un autoritarisme qu’on croyait dompté, se réveille.
De la guerre froide aux illusions démocratiques
Hier, les rivalités Est-Ouest transformaient le continent en champ d’expérimentation du putsch. Les héros des indépendances devenaient des monarques républicains, confondant mission et propriété. Puis, des années 1990 à 2020, la vague démocratique fit naître un espoir : élections libres, transitions apaisées, alternances exemplaires.
Le retour du cycle
Mais à peine cet élan amorcé, l’Histoire bégaie : révisions constitutionnelles, mandats à rallonge, verrouillage des institutions. Les démocrates d’hier deviennent les autocrates d’aujourd’hui. De la Côte d’Ivoire à d’autres horizons, la tentation de l’éternité au pouvoir ne connaît plus de frontières.
Les vieux démons ressurgissent
En étouffant l’alternance, on réveille la colère. Et quand la démocratie se ferme, la violence reprend la parole. Le spectre du putsch, qu’on croyait banni, rôde à nouveau.
L’Afrique à la croisée des chemins
Le continent peut persister dans le déni ou réveiller sa conscience démocratique. Car la vraie puissance d’une nation ne réside pas dans la durée d’un règne, mais dans la solidité de ses institutions et la liberté de ses citoyens.