Interview / Patrick Mbumbudi, Ministre des infrastructures et Travaux publics du Kwilu : “Je veux être un ministre de terrain, pas un bureaucrate"
Patrick Mbumbudi, ingénieur en génie civil et jeune figure politique du Kwilu, affirme sa volonté d’incarner un “ministre de terrain”. Il privilégie la présence sur les chantiers pour contrôler la qualité des travaux et comprendre les réalités locales. Lors d’une tournée avec la délégation nationale des Infrastructures, il dit avoir constaté de fortes fragilités dans plusieurs zones, mais aussi une mobilisation populaire importante, notamment à Bulungu et Kikwit. Il attribue cette adhésion à son lien avec sa base et à son engagement aux côtés du sénateur Papy Labila, qu’il considère comme un mentor politique majeur. Sur le plan technique, il dresse un état des lieux des principaux chantiers en cours : réhabilitation de 12 km de voirie à Bandundu-ville ; préparation de la Conférence des gouverneurs ; relance de la route provinciale 217 ; modernisation de la route n°18 ; réhabilitation de l’axe Makosa–Vanga (25 km) et assainissement de Bulungu ; ouverture de 12 km de routes à Masimanimba ; poursuite des stades de Kikwit et d’Idiofa ; lutte contre les érosions et modernisation des réseaux électriques. Il met en avant la reconstruction majeure de l’Hôpital général de Kikwit, qui passera de 11 à 28 bâtiments, avec une capacité d’accueil de 620 lits, une morgue modernisée et de nouvelles installations médicales. Mbumbudi se dit touché par l’accueil enthousiaste reçu lors de la tournée, qu’il considère comme un encouragement à poursuivre ses efforts. Il appelle finalement les habitants du Kwilu à rester unis derrière le Chef de l’État, le gouverneur et le sénateur Papy Labila.
Ingénieur en génie civil et entrepreneur aguerri, Patrick Mbumbudi s’impose comme l’une des figures montantes de la nouvelle génération politique du Kwilu. Élu député provincial dans la circonscription de Bulungu avant d’être appelé à diriger le ministère provincial des Infrastructures et Travaux publics, il s’est forgé une réputation d’homme d’action, attaché à la vérité, à la paix sociale et au service communautaire.
Depuis deux mois, il assure également la coordination provinciale de la Fondation Jean-Marie Labila, récemment implantée à Bulungu et dotée d’une radio communautaire ainsi que d’intrants agricoles destinés à soutenir les producteurs locaux et deux motos pour assurer la mobilité de la coordination.
Dans cet entretien, il revient sur la tournée menée aux côtés de la délégation du ministère national des Infrastructures, dans le cadre des préparatifs de la Conférence des gouverneurs. Il y dévoile sa vision du service public et précise les contours de son engagement auprès des populations.
Propos recueillis par Léon Hopay
Léon HOPAY : Vous avez accompagné pendant une semaine la délégation nationale des ITPR à travers plusieurs territoires du Kwilu. Quels enseignements en tirez-vous ?
Patrick Mbumbudi : Cette tournée a été extrêmement enrichissante, autant sur le plan technique que sur le plan humain. Accompagner la délégation du ministère national des Infrastructures et Travaux publics, conduite par son Directeur de cabinet adjoint, le sénateur Papy Labila Nkalim, a été un honneur.
Elle nous a permis de confronter la réalité du terrain aux rapports administratifs. Certaines zones sont bien plus fragiles qu’on ne l’imaginait, et les besoins en infrastructures comme en assainissement restent considérables. J’ai également été frappé par la mobilisation exceptionnelle des populations, notamment à Bulungu et à Kikwit. Cela témoigne d’un véritable désir de changement.
Léon HOPAY : On a observé une forte mobilisation autour de vous à Bulungu, votre fief. Certains y voient un test de popularité. Le confirmez-vous ?
P. Mbumbudi : Je ne parlerais pas de test de popularité. C’est plutôt l’expression naturelle du lien entre un élu et sa base. Je suis jeune, mais les populations du Kwilu en général, et celles de Bulungu en particulier, m’accordent une confiance qui m’honore.
Cette adhésion tient aussi à mon engagement constant aux côtés du sénateur Papy Labila, que je considère comme un modèle politique pour notre génération.
Léon HOPAY : Justement, quelle place occupe le sénateur et Dircaba Papy Labila dans votre parcours ?
P. Mbumbudi : Le sénateur Papy Labila incarne la rigueur, la constance et la vision. C’est une véritable source d’inspiration. Lorsque je fais face à des obstacles, je sollicite volontiers ses conseils.
Il demeure, selon moi, l’un des plus fervents défenseurs du Kwilu au niveau national, un leader rassembleur dont notre province a besoin.
Léon HOPAY : Vous affirmez vouloir être un “ministre de terrain”. Comment cela se traduit-il concrètement ?
P. Mbumbudi : Un ministère des Infrastructures et Travaux publics ne se dirige pas derrière un bureau. Les infrastructures se conçoivent, se contrôlent et s’améliorent sur le terrain. Je veux être présent sur les chantiers, dialoguer avec les techniciens, évaluer la qualité des travaux et identifier les urgences.
Pour moi, servir l’État, c’est répondre aux réalités vécues chaque jour par la population.
Léon HOPAY :Où en sont les travaux prioritaires actuellement en cours ?
P. Mbumbudi :Plusieurs projets d’envergure progressent aujourd’hui de manière satisfaisante à travers la province. À Bandundu-ville, les travaux de réhabilitation de 12 km de voirie urbaine ont été lancés, un chantier stratégique destiné à fluidifier la mobilité et à redonner de la cohérence au réseau routier local.
Parallèlement, les préparatifs liés à la Conférence des gouverneurs se poursuivent, tandis que la route provinciale 217, à partir du PK 87, s’apprête elle aussi à bénéficier d’une réhabilitation attendue de longue date.
D’autres chantiers majeurs s’apprêtent à démarrer :
la modernisation de la route n°18 reliant Petit Kasaï à Bulungu ; la réhabilitation de la route provinciale Makosa–mission protestante Vanga, soit 25 km dont 21 km seront asphaltés et 4 km , dans la cité de Vanga, entièrement bétonnés, accompagnés d’un vaste programme d’assainissement de la cité de Bulungu ;
12 km de routes nouvelles pour le territoire de Masimanimba ; la poursuite des travaux du stade de Kikwit ; et surtout, le vaste chantier de modernisation de l’Hôpital général de Kikwit.
Ce dernier projet marque un tournant historique. L’établissement, qui ne comptait que 11 bâtiments hérités de l’époque coloniale, passera à 28 infrastructures modernes : 17 bâtiments supplémentaires, dont 4 à étages. La capacité d’accueil connaîtra une hausse spectaculaire, passant de 192 à 620 lits. La morgue fera également l’objet d’une refonte complète, sa capacité étant portée de 9 à 90 places. Une banque de sang, une unité de production d’oxygène médical et un plateau technique modernisé viendront renforcer l’ensemble. Un véritable geste fort du Chef de l’État en faveur du Kwilu, qui reconfigure profondément le paysage sanitaire de la province.
Sur le plan des infrastructures urbaines, la route Kanzombi (7 km) sera entièrement reconstruite, tandis que quatre têtes d’érosion seront neutralisées afin de protéger les quartiers menacés.
La station haute tension de Kakobola approche de son achèvement, tout comme les installations destinées à transporter le courant vers Idiofa et Gungu.
Je suivrai de près, dans la même dynamique, les chantiers de la route n°20 Ingudi–Idiofa, du stade d’Idiofa, ainsi que les travaux en cours dans le territoire de Gungu, notamment la route provinciale Batshamba–Gungu et la lutte contre les érosions qui fragilisent les voies de communication.
Dans tous les cas, je demeurerai attentif à un principe fondamental : la qualité des ouvrages. C’est une bataille que je mènerai avec constance et détermination, car la crédibilité d’une politique publique ne se mesure jamais aussi bien qu’à la solidité de ce qui reste.
Léon HOPAY : Quel regard portez-vous sur l’accueil réservé à la délégation durant cette tournée ?
P. Mbumbudi : L’accueil a été exceptionnel partout où nous sommes passés. Bulungu, mon fief, a montré une mobilisation qui m’a profondément touché. C’était la première fois que j’organisais une activité d’une telle envergure, et j’y vois un encouragement à poursuivre et à faire encore mieux. Je remercie particulièrement les populations de Bulungu pour l’accueil réservé au sénateur Papy Labila, Dircaba au ministère des ITPR que beaucoup considèrent comme le “Moïse du Kwilu”, un leader porteur d’espérance.
Léon HOPAY :Un dernier mot ?
P. Mbumbudi : Je remercie ma base de Bulungu et l’ensemble du peuple du Kwilu pour leur soutien. J’appelle les filles et fils de la province à rester unis derrière le chef de l’État, derrière notre gouverneur qui incarne sa vision, et derrière l’honorable sénateur Papy Labila Nkalim, qui porte notre voix au niveau national et incarne, pour beaucoup, l’espoir d’un Kwilu plus fort et mieux structuré