RDC/Politique-Sécurité :Félix Tshisekedi contre Joseph Kabila : Des accusations avec quel effet ?
Par Léon Idole HOPAY
Depuis près d’un an, le parti au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) multiplie les accusations contre l’ancien président Joseph Kabila Kabange, l’accusant d’être le commanditaire du mouvement rebelle M23.
La première déclaration officielle émane d’Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Lors d’un meeting au siège du parti à Limete, il affirme : « Il est démontré noir sur blanc que le commanditaire du M23 n’est autre que Joseph Kabila Kabange. »
Quelques mois plus tard, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo reprend ces accusations à son compte.
Un impact limité sur l’opinion Malgré ces déclarations, l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, reste sceptique.
Beaucoup y voient avant tout une stratégie politique visant à rejeter les responsabilités sur le régime précédent.
Si les autorités congolaises pointent parfois du doigt le Rwanda et son président Paul Kagame, elles accusent aussi, par moments, Joseph Kabila.
Oubliant parfois que Joseph Kabila Kabange, ancien chef d'État, a tissé de nombreuses relations, parfois très influentes, à l'international.
De ce fait, il n'est pas aisé de formuler des accusations contre lui sans s'appuyer sur des preuves solides. En tant que personnalité de haut rang, toute mise en cause de Joseph Kabila nécessite des éléments probants pour convaincre l'opinion publique.
À défaut, cette alternance d'accusations risque de diluer le message, d'affaiblir son impact et d'accentuer les divisions au sein d'une opinion nationale déjà fragilisée par certaines actions du pouvoir en place.
Jusqu'ici, cette stratégie de communication n'est pas convaincante, elle serait perçue comme une simple manœuvre politique sans réelle portée et les accusations restent quasiment sans impact réel.