Société : à dieu kin la belle

Société : à dieu kin la belle
Tas d’immondices dans un coin du quartier Mombele, dans la commune de Limete à Kinshasa.

Kinshasa, capitale de la RDC, est en train de perdre progressivement sa belle robe « siège des institutions du pays ».

Autrefois appelée « Kin la belle », la capitale politique du pays de Félix Tshisekedi ressemble à ce jour à une cité où l’insalubrité et l’insécurité règnent en maître dans tous les coins .

Les caniveaux sont transformés en poubelles ; les grandes artères en marchés pirates et ce , sous le regard impuissant des autorités administratives.

L’on ne peut pas se promener dans un coin de la ville sans y trouver des dunes d’immondices. Même les marchés sont inondés de déchets , des lieux qui sont censés être propres.

Pour s’en rendre compte, il suffit de faire un petit saut dans le district de la Tshangu, situé dans l’Est de la capitale. Ici, les vendeuses de fruits et légumes coulent leurs marchandises sur la boue notamment à « wenze ya indou », situé à Masina Quartier 3.

La même réalité est vécue par les commerçants du marché Zigida, dans la commune de Kinshasa.

Réputé comme étant le plus grand lieu de vente d’épices dans la capitale, ce marché est à ce jour un grand depotoire. Tout y est vendu dans la boue . Pour y accéder, il faut obligatoirement mettre des bottes ou couvrir ses pieds de sachets .

Les bouteilles en plastique produites par les entreprises de production d’eau et de jus salissent davantage la ville et polluent l’environnement.

Malgré le projet de recyclage initié par l’hôtel de ville , la gestion de ces déchets pose problème.

En fait, la quantité produite par jour est largement supérieure à celle évacuée pour le recyclage.

Certains experts environnementalistes estiment que le gouvernement devrait revoir le plan de gestion de l’impact environnemental et social de ces entreprises dont la plupart sont tenues par des expatriés.

« Dans chaque projet d’investissement, il faut faire l’analyse sur l’étude de l’impact environnemental et social. J’ai l’impression qu’en RDC , le gouvernement ne se contente que des impôts sans penser à l’avenir de l’écosystème du pays », regrette un expert environnementaliste qui s’est confié à quotinfos.net.

Pour lui, il y a nécessité d’imposer un nouveau type d’emballages bio-dégradables à ces entreprises pour assurer une bonne gestion de l’environnement.

« Les emballages en plastique peuvent résister pendant deux siècles avant de se décomposer. Ceci doit interpeller le prochain gouvernement. Il faut que des mesures efficaces soient prises en ce sens », ajoute-t-il.


« L’insécurité, un autre grand défi à relever pour le prochain gouvernement »

Kinshasa, c’est aussi la ville où l’insécurité bat son plein.

Dans plusieurs quartiers , les rues sont désertes à partir de 18h00. Pour cause, les bandits urbains communément appelés kuluna s’adonnent à des actes de sabotage et d’extorsion de biens de citoyens.

Les policiers commis dans plusieurs sous-ciat sont souvent accusés de travailler de mèche avec ces malfrats.

« pour lutter contre l’insécurité à Kinshasa, il ne faut pas compter sur la police. Nous savons que la plupart de policiers sont d’anciens Kuluna . Vous ne voyez pas ce qu’ils font à pascal? Ils infligent des tracasseries aux conducteurs de motos pour survivre. C’est inadmissible. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités », s’inquiète un habitant de la commune de Kimbanseke.

Pour lui, la lutte efficace contre l’insécurité à Kinshasa doit passer par le recyclage des policiers, surtout ceux dits ujana.

« nous avons appris que le gouvernement a lancé l’opération panthère noire pour lutter contre l’insécurité. Mais, cette opération a moins de chances d’aboutir à des résultats satisfaisants dès l’instant où ceux qui sont censés la mener ne sont pas bien pris en charge par l’Etat. Aussi, la plupart n’ont pas bénéficié d’une bonne formation », explique cet habitant de Kimbanseke.

Le prochain gouvernement provincial devra faire de la lutte contre ces deux grands maux son cheval de bataille.

Les projets initiés par l’équipe sortante , dirigée par Gentiny NGOBILA, n’ont pas abouti à des résultats satisfaisants suite à une mauvaise planification. Tel est le cas de Kin Bopeto, où les parties prenantes n’ont pas été suffisamment impliquées.