Politique : le retour de Joseph Kabila par l’Est du pays, un choix qui divise

Politique : le retour de Joseph Kabila par l’Est du pays, un choix qui divise
En dessus, Joseph Kabila Kabange, président honoraire de la République Démocratique du Congo, en bas la carte de la RDC scinder en deux, la partie colorée en rouge, est la partie orientale

Par Léon Idole HOPAY

L’annonce du retour imminent de l’ancien président Joseph Kabila Kabange en République démocratique du Congo, par la région orientale du pays, suscite une vive controverse. Ce choix hautement symbolique intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu, marqué par la persistance des violences armées, notamment celles du groupe rebelle M23, actif dans la région.

Selon certaines voix, la possibilité évoquée par Olivier Kamitatu d’une entrée de Kabila par Goma soulève des interrogations.

Pour ces observateurs, ce choix de point d’entrée peut être perçu comme une provocation, voire comme un signe de collusion implicite avec les groupes armés qui occupent une partie du territoire.

Dans cette lecture, la présence de l’ancien chef de l’État dans une zone aussi sensible alimenterait les soupçons quant à ses intentions ou à sa position vis-à-vis de la crise actuelle.

À l’inverse, d'autres estiment que Joseph Kabila, en tant que citoyen congolais, est en droit de se rendre librement sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les zones sous occupation rebelle.

Selon eux, contester son retour par l’Est reviendrait à reconnaître de facto que cette portion du territoire n’est plus congolaise. « Si Goma fait toujours partie de la République, pourquoi empêcher un Congolais, fût-il ancien président, de s’y établir ? », interrogent-ils.

Pour ces partisans, restreindre la liberté de mouvement d’un ancien chef d’État serait une atteinte à la souveraineté nationale. Condamner son installation dans une province congolaise encore sous autorité légale, même partiellement contestée, reviendrait à entériner la balkanisation du pays.

Au-delà de la controverse, le retour de Joseph Kabila par la zone occupée pourrait également être perçu comme un geste politique fort. Par son statut et son aura, il pourrait peser symboliquement et diplomatiquement face aux velléités sécessionnistes, tout en offrant un contrepoids au narratif des groupes armés.