Problématique de la succession à l’Assemblée Provinciale du Tanganyika par les Premiers suppléants : Regard sur le tribalisme et son impact sur le développement et la cohabitation
La succession à l’Assemblée Provinciale du Tanganyika (APTANG) par les premiers suppléants suscite un débat de plus en plus vif au sein de la sphère politique. Le processus de remplacement des députés titulaires, souvent nommés à de nouvelles fonctions gouvernementales, est marqué par des tentatives de blocage et de manipulation, menaçant ainsi la stabilité institutionnelle de la province. Cette problématique met également en lumière une montée inquiétante du tribalisme, facteur de division qui freine le développement et la cohabitation pacifique dans la région.
En vertu des articles 97, 108 point 1, 197 de la Constitution, ainsi que des articles 77 et 78 de la loi électorale, tout député provincial nommé à une fonction gouvernementale doit, dans un délai de huit jours, choisir entre conserver son mandat à l'Assemblée ou prendre ses nouvelles fonctions. Ce principe vise à assurer une continuité dans le travail parlementaire et à permettre aux premiers suppléants de prendre la relève. Cependant, plusieurs députés s’opposent à céder leur place, préférant maintenir des personnes choisies pour des raisons ethniques ou personnelles.
Cette situation crée des frustrations parmi les premiers suppléants, élus légitimes, et alimente les tensions au sein de la province. En effet, la décision n°118/CENI/AP/23 du 31 octobre 2023, qui porte sur la publication des listes définitives des candidatures, est souvent contournée par les titulaires, rendant le processus de succession chaotique.
Le tribalisme, qui semble influencer le processus de succession, pose un véritable problème pour la cohabitation entre les différentes communautés du Tanganyika. Certains acteurs politiques favorisent des candidats issus de leur propre groupe ethnique au détriment des premiers suppléants légitimes, alimentant ainsi des tensions inutiles et dangereuses pour l’unité provinciale.
Cette tendance à privilégier l’appartenance ethnique au détriment de la compétence et de l’intérêt général menace sérieusement le développement de la province. Le tribalisme mine la confiance entre les communautés et empêche la mise en place d'une gouvernance équitable et inclusive, essentielle pour le progrès socio-économique.
Depuis la colonisation, la législation congolaise a évolué pour lutter contre la discrimination raciale et ethnique. L’ordonnance n°153/J du 22 novembre 1932 et d’autres textes législatifs, comme l'ordonnance législative n°25-131 du 25 mars 1960, condamnent fermement toute forme de racisme ou d’aversion tribale. Après l’indépendance, l’ordonnance-loi n°66-342 du 7 juin 1966 a renforcé ces dispositions en réprimant toute forme de racisme et de tribalisme.
L’infraction de racisme et de tribalisme peut se manifester sous diverses formes : injures, gestes ou écrits discriminatoires, ou encore incitation à la haine par le biais d'associations à caractère tribal ou ethnique. Ces comportements, bien que punis par la loi, semblent persister dans la sphère politique, alimentant un climat de méfiance et d'exclusion.
Pour garantir la stabilité institutionnelle et le développement du Tanganyika, il est primordial que les acteurs politiques respectent les lois en vigueur et favorisent l’inclusion de tous, indépendamment de l'appartenance ethnique. L'instauration d'un climat de paix et de cohabitation harmonieuse passe par la reconnaissance du mérite et des compétences des premiers suppléants légitimes, tels qu’entérinés par la CENI.
Les tentatives de blocage et de manipulation pour des intérêts personnels ou ethniques doivent être fermement dénoncées, car elles compromettent non seulement le bon fonctionnement des institutions, mais aussi l’avenir de toute la province. L’émergence d’un Tanganyika uni et prospère dépend de la capacité de ses leaders à transcender les divisions tribales et à travailler dans l'intérêt commun.
La problématique de la succession à l’APTANG et la montée du tribalisme posent de sérieux défis à la gouvernance et au développement du Tanganyika. Pour surmonter ces obstacles, il est essentiel que les dirigeants provinciaux fassent preuve de responsabilité et de patriotisme en respectant les textes légaux et en promouvant une gouvernance inclusive. Le développement durable de la province ne pourra se réaliser que dans un climat de paix et de respect mutuel entre les différentes communautés, conditions sine qua non pour une cohabitation harmonieuse et un avenir prospère.