Révison de la constitution en RDC: Politiques et scientifiques se contredisent

Révison de la constitution en RDC: Politiques et scientifiques se contredisent
Felix Tshisekedi, chef de l’Etat et le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin KABUYA.

La révision de la Constitution est toujours une question sensible dans la classe  politique en RDC. Certains estiment qu'elle ne devrait pas être modifiée, tandis que d'autres pensent que cette loi fondamentale mérite d'être retouchée.

C'est le cas d'Augustin Kabuya, qui soutient une révision constitutionnelle. Alors que la Constitution fixe le mandat du Président de la République à 5 ans, Kabuya affirme que le Président exerce son pouvoir que pendant trois ans. 

« J'étais moi-même informateur. Je connais les lacunes qui se trouvent dans notre Constitution et je ne trouve aucun problème  si on doit reviser certains articles … Sur le papier, le Président a un mandat de 5 ans, mais en pratique, c'est 3 ans... Nous devons revoir ces dispositions » a déclaré Augustin Kabuya, président par intérim du parti présidentiel UDPS, lors d'une réunion avec les membres de son parti.

Ce point de vue est également partagé par des intellectuels tels que l'historien Isidore Ndaywel, pour ce professeur des universités, il faut une  nouvelle Constitution qui doit refléter les aspirations et l'histoire du peuple congolais .

« Une nouvelle Constitution doit être mise en place en RDC, naturellement après les élections. Il faudra, pour pouvoir s’organiser, donner la possibilité aux Congolais de mettre les choses à plat, faire maintenant une Constitution qui puisse réellement refléter leurs aspirations et corresponde à leur histoire » a déclaré Isidore Ndaywel.

Ne touchez pas à ma constitution !

En revanche, l'activiste des droits humains Jean-Claude Katende s'oppose catégoriquement à toute révision de la Constitution .

« Mr Augustin Kabuya a été clair. Aujourd’hui, ils veulent remettre les compteurs à zéro. Comment est-ce que nous congolais pouvons accepter qu’on change la constitution pour donner un pouvoir des longues années à des personnes qui gèrent le pays avec des tâtonnements et qui ne sont pas encore arrivés à convaincre après plus de 5 ans de gouvernance. Accepter pareille chose, c’est sacrifier l’avenir du pays et des congolais. Les dirigeants actuels n’ont pas de profil pour faire face aux défis que le Congo rencontre » a-t-il écrit sur le réseau social X.

Devos Kitoko, secrétaire général de l'Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDE), le parti de Martin Fayulu, exprime également son désaccord .

« Nous pensons que les amis de l’UDPS sont ivres du lait. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent correctement ! En quoi le changement de la constitution dans ce pays aujourd’hui est une priorité plus que recouvrer l’intégrité de notre territoire ? Nos amis pensent conserver malhonnêtement le pouvoir, et ça ne passera pas !», a déclaré le bras droit de Martin Fayulu .

La nouvelle constitution, adoptée le 18 février 2006 et promulguée par Joseph Kabila , chef de l’Etat de l’époque, a marqué l'avènement de la troisième République. Ainsi elle ( la constitution de 2006) a mis un terme à une longue transition entamée en 1990 sous le règne du Maréchal Mobutu et mettant fin au système 1+4.

Jevic Ebondo.