Société : Un nouveau regard de l'ingénieur Agronome Guy BUNGUBETSHI sur KIKWIT 31 ans après

Aout 3, 2024 - 13:18
Aout 4, 2024 - 14:33
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Société : Un nouveau  regard de l'ingénieur Agronome Guy BUNGUBETSHI sur  KIKWIT 31 ans après
IR Guy BUNGUBETSHI à Kikwit

Par Léon Idole HOPAY 

Trente et un ans après, j'ai encore eu l'occasion de rentrer à Kikwit. Avant, mon regard sur Kkt n'était que celui d'un enfant. J'y suis retourné un bref moment avec mon diplôme d'ingénieur agronome encore frais, sans expérience.

Mais ce 16 juillet 2024, soit 31 ans après, c'est un professionnel qui a baroudé un peu partout dans le pays, qui a participé à l'élaboration de programme et de projet, à leur réalisation et a leurs évaluations au niveau national voire au niveau de l'Afrique bref un autre regard qui s'est posé sur notre Alma mater. J'ai vu un Kkt, vraiment transformé.

 En bien aussi. Le dynamisme de la population est frappant... Des constructions, certaines assez imposantes. J'ai été satisfait et fier de l'hôtel où j'ai passé mes deux nuits : bien tenu, bien propre, convivial, sauf peut-être par son nom "Mort Mort" qui n'est pas très commercial... L'absence ou l'insuffisance de l'accompagnement par les pouvoirs publics et très visible, malheureusement.

Il suffit de voir tous ces envahissement des chaussées par de petits commerces pour se rendre compte que l'Etat n'est pas assez présent. Ou encore la crasse présente un peu partout, comme à la capitale. Il y a un effort à fournir. 

J'ai eu aussi le bonheur de parcourir cette route de Kinshasa à Kkt, puis jusqu'à ce célèbre pont sur la Loange qui justifie en grande partie la dégringolade de bonnes et d'hygiène dont souffre terriblement Kinshasa.

Les camions que j'y ai vus et les biens le long de la route montrent très clairement des productions de notre province : beaucoup de charbon de bois (dégradation des zones forestières et conséquences), beaucoup manioc, du maïs, aussi quelques chèvres, des légumes de toutes sortes... à part cela, pas grand-chose. Mais à perte de vue la savane, la brousse, des forêts avec des spots de surface cultivées par endroit.

Le reste est à l'état naturel le plus souvent. J'ai vu et j'ai appris que tout le point de l'intérêt commercial quelconque sont très convoités par des indo-pakistanais et d'autres asiatiques. Je parle là de cette même invasion de l'espace et l'économie de notre pays face à laquelle nous fermons les yeux, sans calculer les conséquences à venir. Je voudrais rappeler que la province de Kwilu a des atouts agricoles incommensurables, avec un très grand marché situé juste à proximité : la ville de Kinshasa : on parle de 17 voir 18 millions de ventres à nourrir. Une aubaine !!! Quelle aubaine ça serait si nous pouvons capitaliser le potentiel que représentent nos terres arables et nos savanes, ces pâturages illimités, pour nourrir Kinshasa!!

Nous devons voir en notre province un autre type d'économie que celle de la houe, des cossettes de manioc, de maïs grain, de grains d'arachides et de courge, de bidons d'huile de palme, etc., qui sont continuellement expédiés à Kinshasa, mais plutôt celle d'une agriculture pensée, planifiée, intégrée, mécanisée, intelligente, biologique, durable. Celle de la promotion de l'agro-industrie, pour plus de valeur ajoutée au Kwilu. La faible fertilité de certaines de nos terres n'est pas où n'est plus sans solution.

Je nous appelle à la création des groupes de réflexion et d'actions pour redynamiser cette économie pleine de potentiel ; à des investissements collectifs plutôt que seulement individuels, avec l'apport de diverses expériences que nous avons acquises; etc.

 Ce retour de l'ascenseur que mérite notre berceau peut aussi être notre propre sécurité sociale. Pourvu que nous le comprenions réellement, Kwilu est un espace à développer, Kikwit est un centre de ce développement, et pas du tout un "mayumbu", termes qui semblent sceller son sort. À suivre...