RDC : Le professeur Aubin Minaku recadre le débat sur l’agression rwandaise dans le prisme du droit international

Le professeur Aubin Minaku Ndjalandjoko, vice-président du PPRD et juriste internationaliste, a appelé à traiter la question de l’agression rwandaise contre la RDC sous l’angle du droit international, plutôt que par des réactions émotives ou populistes. Selon lui, la souveraineté d’un État s’exprime par des actions juridiques et diplomatiques, notamment la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU et de la Cour internationale de Justice , et non par des discours patriotiques creux. Minaku invite ainsi les autorités congolaises à renouer avec une diplomatie de fond, fondée sur la compétence, la constance et le respect des règles internationales. Son intervention constitue un rappel à l’ordre : la défense nationale doit se faire par la raison d’État et le réalisme diplomatique, non par la passion politique.

RDC : Le professeur Aubin Minaku recadre le débat sur l’agression rwandaise dans le prisme du droit international
Aubin Minaku Ndjalandjoko, Vice-président du PPRD

Par Léon Idole HOPAY

Dans un contexte où la tension monte autour de la question rwandaise, le professeur Aubin Minaku Ndjalandjoko, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et éminent juriste internationaliste, a livré une analyse d’une rare rigueur sur l’attitude que doit adopter la République démocratique du Congo face à l’agression rwandaise. À rebours des déclarations émotives et des postures populistes, l’ancien président de l’Assemblée nationale a recentré le débat sur son terrain légitime : le droit international public.

 Replacer le patriotisme dans la raison d’État

 Face à la politisation croissante du dossier rwandais, le professeur Minaku a dénoncé la dérive consistant à confondre patriotisme et agitation verbale. « S’il y a un agresseur, il faut saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui agit sur base du Chapitre VII de la Charte. Plutôt que de se contenter de déclarations affirmant que le Rwanda est l’agresseur, il convient également de saisir la Cour internationale de Justice.

C’est cela, la véritable responsabilité d’un État », a-t-il martelé, rappelant que la souveraineté s’exerce avant tout par l’action juridique et diplomatique, non par la surenchère médiatique. Et de poursuivre :

« Exiger de chaque opposant qu’il monte sur les toits pour condamner l’agresseur est une démarche purement démagogique, vaine et répétée. »

 Une mise au point d’État

Par cette prise de position, Minaku recadre avec force un débat souvent détourné de ses fondements. Il rappelle que la gestion d’une agression internationale ne relève ni du slogan ni de la passion, mais bien de la diplomatie d’État et de la maîtrise des mécanismes multilatéraux. 

Son intervention réintroduit dans le discours public congolais une exigence de rationalité institutionnelle, invitant les décideurs à agir par le droit plutôt que par l’émotion. Pour lui, la grandeur d’un État se mesure à sa capacité à mobiliser les instruments juridiques internationaux au service de sa défense, et non à multiplier les proclamations sans effet.

Un rappel ferme adressé à un pouvoir souvent accusé de naviguer à vue, préférant la communication politique à l’action diplomatique structurée. Le retour à une diplomatie de fond En filigrane, le juriste plaide pour une diplomatie fondée sur la compétence, la cohérence et la constance, ancrée dans la défense des intérêts nationaux dans les forums internationaux. « La diplomatie ne se décrète pas sur les estrades, elle se construit dans la durée, par la maîtrise des règles qui gouvernent la communauté des Nations », confie un observateur proche du dossier.

Leçon de méthode et d’autorité En définitive, par une parole mesurée mais ferme, le professeur Aubin Minaku réaffirme la primauté du droit sur la passion, du réalisme sur le populisme et de la souveraineté responsable sur la victimisation politique. Son message résonne comme un appel à la lucidité dans un moment où la RDC cherche encore le cap d’une diplomatie forte, cohérente et respectée sur la scène internationale.