RDC/politique : Joseph Kabila a dit
Le 23 mai 2025, l’ancien président congolais Joseph Kabila a rompu un long silence en délivrant une déclaration solennelle, dans laquelle il alerte sur un « péril national imminent ». Sans nommer directement le gouvernement de Félix Tshisekedi, il critique sévèrement sa gouvernance, qu’il juge inefficace face aux crises sociales, économiques et sécuritaires du pays. Se posant en homme de paix et de responsabilité, Kabila se dit prêt à reprendre un rôle actif pour éviter l’effondrement de la nation. Cette sortie inattendue relance les spéculations sur son retour politique, dans un contexte tendu et incertain pour la RDC.
Par Léon Idole HOPAY
Après des mois de silence, Joseph Kabila Kabange est sorti de sa réserve. Dans une déclaration solennelle d’environ quarante minutes, diffusée ce soir,23 mai 2025, l’ancien président de la République démocratique du Congo a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « péril national imminent ». « Je ne pouvais plus me taire face au danger qui menace l’existence même de notre nation », a-t-il déclaré, le visage grave, la voix posée mais ferme.
Sans jamais citer nommément les autorités actuelles, le prédécesseur de Félix Tshisekedi a formulé de vives critiques contre la gouvernance en place.
Il dénonce une gestion « à bout de souffle », incapable, selon lui, de répondre aux urgences sociales, économiques et sécuritaires qui minent le pays. « Le régime actuel préfère la fuite en avant et la désignation de boucs émissaires à une réponse responsable et courageuse aux attentes de notre peuple », a-t-il fustigé.
Kabila, dont l’apparition a surpris même ses plus proches soutiens, s’est présenté à la fois comme un homme de paix et un acteur politique prêt à reprendre sa place dans l’arène. « Je suis disposé à assumer ma part de responsabilité pour empêcher l’effondrement de notre patrie. Laisser faire serait une trahison devant la justice de l’Histoire », a-t-il averti.
Cette prise de parole, la première depuis plusieurs mois, intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par des tensions récurrentes à l’Est, une opposition morcelée et des incertitudes économiques croissantes.
Elle ravive les spéculations sur une possible réactivation de la figure de l’ancien chef de l’État, toujours influent au sein du Front commun pour le Congo (FCC), sa plateforme politique.
Pour certains analystes, les mots de Kabila sonnent comme un avertissement à peine voilé, voire comme une déclaration d’intention. Dans un paysage politique en quête de repères, l’ancien président semble vouloir se poser en recours. Son retour dans le débat national pourrait bien rebattre les cartes à l’approche des échéances futures.