Crise politique en gestation : Aubin Minaku met en garde contre la dérive autoritaire

Aubin Minaku, vice-président national du PPRD, dénonce la suspension par le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani des activités de douze partis d’opposition membres de la plateforme « Sauvons la RDC ». Il juge cette décision anticonstitutionnelle et contraire aux valeurs républicaines, accusant le gouvernement de dérive autoritaire et d’incohérence politique. Le ministre a saisi le Conseil d’État pour une éventuelle dissolution de ces partis, dont le PPRD de Joseph Kabila. La plateforme « Sauvons la RDC » y voit un acte de guerre contre le pluralisme politique et une tentative de musellement de l’opposition. Cette mesure accentue les tensions politiques à l’approche des prochaines élections.

Novembre 6, 2025 - 08:01
Novembre 6, 2025 - 08:01
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Crise politique en gestation : Aubin Minaku met en garde contre la dérive autoritaire
Aubin Minaku Ndjalandjoko, Vice-président du PPRD

Par Léon HOPAY

 Le vice-président national du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Aubin Minaku, a vivement réagi à la décision du ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, suspendant les activités de douze partis politiques membres de la plateforme d’opposition « Sauvons la RDC ».

Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’ancien président de l’Assemblée nationale a dénoncé une mesure qu’il juge anticonstitutionnelle et contraire aux principes républicains. Dans la forme comme dans le fond, cette décision viole non seulement la Constitution et les lois de la République, mais aussi l’éthique et la morale républicaine », a-t-il déclaré

Aubin Minaku a par ailleurs pointé une incohérence du pouvoir en place, estimant que le gouvernement ne peut exiger de l’opposition une attitude républicaine tout en adoptant lui-même des pratiques contraires à cet esprit. On ne peut pas demander à l’opposition d’être républicaine et se comporter soi-même à l’inverse », a-t-il martelé.

Selon des sources officielles, les partis concernés, dont le PPRD de Joseph Kabila, pourraient faire l’objet d’une procédure de dissolution, le ministre Shabani ayant saisi le Conseil d’État à cet effet. De son côté, la plateforme « Sauvons la RDC » a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« acte de guerre contre le pluralisme politique, l’État de droit et la liberté d’association », accusant le gouvernement de vouloir museler toute voix dissidente.

Cette décision, qui suscite de vives réactions au sein de la classe politique, marque une nouvelle étape dans les tensions entre le pouvoir et l’opposition à l’approche des prochaines échéances électorales.