Éditorial de Léon HOPAY : Vers une confrontation directe USA -Chine sur le sol congolais

Éditorial de Léon HOPAY : Vers une confrontation directe   USA -Chine sur le sol congolais
Président Félix Antoine Tshisekedi, président chinois et le président américain

La République Démocratique du Congo est à la croisée des abîmes. Le pays tangue dangereusement entre effondrement interne et instrumentalisation externe. Et chaque jour qui passe rend plus incertaine l’idée même d’un État debout.

 L’économie vacille, la société s’essouffle. Mais c’est sur le front sécuritaire que l’hémorragie est la plus grave. Les groupes armés prolifèrent, les violences s'intensifient, et les réponses de l'État sonnent de plus en plus creux. Malgré les annonces, les plans, les discours martiaux, le pouvoir reste impuissant à contenir l’implosion. Pire : il semble s’y résigner.

 Le retour du troc : minerais contre promesses

 Alors que le pays se délite, le régime réactive une vieille recette : le troc des ressources contre un semblant de stabilité. Héritée de la décennie précédente, la formule du contrat sino-congolais , minerais contre infrastructures ,n’a jamais été abandonnée . Le pays continue de bénéficier de routes, hôpitaux, écoles… le deal a ses livraisons.

 Aujourd’hui, Kinshasa tente de la rééditer, cette fois avec Washington. Le président Tshisekedi noue une coopération avec les États-Unis sur un schéma similaire : matières premières stratégiques contre appui sécuritaire. Une redondance stratégique dans un contexte géopolitique pourtant transformé.

 La RDC, terrain de chasse des géants

Car désormais, le Congo n’est plus seulement une terre de convoitise : c’est un champ de bataille symbolique dans la guerre froide économique entre les grandes puissances, notamment : une Chine solidement installée et une Amérique déterminée à reprendre pied, la RDC devient un enjeu central dans la reconfiguration des sphères d’influence.

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, avec ses accents ouvertement anti-chinois, ne fait qu’attiser les braises. Ce que Pékin et Washington se disputent, ce ne sont pas des accords bilatéraux, ce sont des leviers géostratégiques. Et le sous-sol congolais, gorgé de cobalt, de cuivre et de lithium, en est la clé.

 Un pays pris en étau

Loin d’offrir une sortie de crise, cette nouvelle donne internationale menace au contraire d’enfermer la RDC dans un piège encore plus profond.

Le pays pourrait n’être qu’un théâtre d’ombres, un pion dans une guerre qui ne dit pas son nom. Comme le murmure un proverbe populaire : « RDC akimi mbula na ebale », la RDC a fui la pluie pour tomber dans le fleuve.

À force de chercher un sauveur extérieur, le pouvoir congolais risque d’ouvrir la porte à une recolonisation sous perfusion économique. Et si les USA qui l’attendent imposer son hégémonie sur les minerais congolais est plus féroce face à la Chine ; alors c’est bien la souveraineté du pays, déjà vacillante, qui pourrait être engloutie et les générations futures n'auront plus rien car les puissances auraient ravagé leur héritage .