Politique : Dialogue Gouvernement-M23/AFC – Le statut de Félix Tshisekedi en jeu

Politique : Dialogue Gouvernement-M23/AFC – Le statut de Félix Tshisekedi en jeu
Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo Président de la République Démocratique du Congo

Par Léon Idole HOPAY

Longtemps opposé à toute négociation avec le M23/AFC, le président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo semble opérer un virage stratégique.

Après avoir affiché une posture intransigeante, il se résout finalement à engager un dialogue, un rétropédalage qui interroge sur sa cohérence politique et sa capacité à tenir ses engagements.

Un chef d'État affaibli

Malgré des accords de coopération avec les États-Unis, Tshisekedi apparaît affaibli tant sur le plan militaire que diplomatique. Son revirement sur la question du dialogue avec le M23/AFC s’inscrit dans une série de décisions contradictoires qui alimentent les doutes sur sa gouvernance.

Cette volte-face n’est pas un cas isolé. Depuis son accession au pouvoir, le président congolais a multiplié les ruptures d’accords, notamment avec ses anciens alliés du FCC-CACH, un pacte pourtant conclu sous l’égide de plusieurs chefs d’État. Cette décision avait alors été perçue comme un manque de respect envers les garants de cet accord.

Un manque de crédibilité qui fragilise le dialogue

 Pour de nombreux analystes, Félix Tshisekedi représente lui-même le principal obstacle à ce dialogue. Son manque de constance dans les engagements passés compromet sa crédibilité, ce qui pourrait faire de son statut un sujet central des discussions.

Les précédentes ruptures avec la grande machine politique du FCC était dorénavant pris pour certains comme le début de la chute du régime, bien plus les supposés "accords secrets avec le M23", ainsi que des promesses non tenues à la population nourrissent la méfiance.

Dans ce contexte, il est difficile d’imaginer que la partie adverse puisse lui accorder une confiance suffisante pour aboutir à une issue stable et durable.

Deux scénarios envisagés Face à cette impasse, deux options semblent se dessiner :

1. Un gouvernement de transition incluant un président et quatre vice-présidents, afin d’assurer une gestion plus collégiale du pouvoir.

2. La nomination d’un chef d’État coopté, chargé d’assurer une transition de deux ans pour organiser des élections anticipées auxquelles Félix Tshisekedi ne participerait pas.

L'UDPS au bord du précipice ?

 L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), qui a attendu 37 ans avant d’accéder au pouvoir, semble aujourd’hui en péril. Son arrogance, son immaturité politique et son manque de stratégie pourraient précipiter sa chute. Le dialogue en cours pourrait sceller son avenir bien plus tôt que prévu, selon plusieurs observateurs